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le 14-12-2015 14:07
Un peu plus soft qu'hier :
LE NOUVEAU TRAVAILLEUR SOCIAL.
La tendance à l'ingénierie est bien antérieure à la promotion comme ministre du directeur d'Emmaüs. Le travail social, depuis une dizaine d'années, et devenu un tremplin comme un autre pour réussir professionnellement et s'élever dans la hiérarchie sociale. Ces nouveaux travailleurs(euses) sont devenus animateurs, éducateurs ou directeurs pour entrer dans une boîte où ils espèrent bien réussir leur carrière. Puis ils ont suivi des formations où on leur a appris la réalisation de leurs projets, le marketing, le management et la promotion de leurs produits, plutôt que l'aide et le contact aux populations en souffrance. Très vite les travailleurs sociaux troquent le jean et le T-shirt contre le costume trois-pièces et l'attaché-case et commencent à traiter les personnes qu'ils sont censés aider comme des usagers, puis comme des clients. Ils deviennent les rois du bilan, de l'évaluation et des dossiers de suivis, emplissent des tonnes de tableaux avec des camemberts en couleur, afin de remplacer par la parlotte ce qu'ils sont devenus incapables de faire dans le réel. Très vite ils montent le projet qui tue et cherchent les subventions pour payer les sous-traitants et les locaux de l'association. Ils s'associent à d'autres associations qui s'associent encore à d'autres associations jusqu'à devenir incontournables sur un département, une ville ou une région. Le nouveau c* du social devient une "huile de la cité" qui b0uffe avec le maire, le préfet et le député et revient dans son bureau pour engueuler ses collaborateurs. Il est obnubilé par un seul objectif, ressembler comme deux gouttes d'eau à une boîte privée qui gère des voyages, les ordures ménagères ou des services clients.
Pour lui il n'y a aucune différence entre l'action sociale et une entreprise d'import-export et fera tout pour ressembler lui-même à ces patrons qu'il admire. La qualité du travail sur le terrain est parfaitement secondaire par rapport à l'image de la boîte et la satisfaction des commanditaires. La fin justifie tous les moyens et, d'ailleurs, les pauvres et les indigents doivent exécuter sans broncher les diktats de ces petits chefs représentants béats devant une société déjà bien aimable de s'occuper de ces miséreux. Les pauvres deviennent alors simplement une source de revenus potentiels, si l'on sait monter le bon projet et n'ont d'intérêt que s'ils adhèrent à ce projet lucratif pour l'association ou la fédération porteuse. Ces nouveaux c* cherchent cependant la reconnaissance du cœur et savent aussi se mettre en avant pour obtenir colifichets ou autres breloques distribués par l'état aux meilleurs de ses citoyens. On voit alors de véritables consortiums privés accaparer l'essentiel des subventions allouées au travail social et sanitaire. C'est déjà le cas pour les handicapés, le sida ou la lutte contre la lutte contre la toxicomanie. Les personnels de ces maisons ne savent même plus quel est l'enjeu de leur boulot et ne parlent plus que de bénéfices, de placements, de fonds propres et de gestion. Ils sont sous-diplômés, afin de coûter le moins possibles, tandis que le travail se transforme peu à peu en pure garderie. On préférera toujours droguer un patient plutôt qu'il ne se lève et par là-même, il fait dans sa couche alors qu'il vaudrait plutôt l'accompagner aux toilettes. La femme de ménage coûte bien moins cher que l'éducateur.