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le 05-01-2016 16:01
PEUT-ON RIRE DES JEUNES?
Nous abordons ici l'un des chapitres les plus délicats de notre ouvrage et je m'y risque uniquement parce que je suis convaincu que les intéressés (peut-on d'ailleurs les appeler ainsi, eux qui ne s'intéressent à rien) ne liront pas ces lignes. Et oui, la réalité est parfois cruelle à admettre : le jeune d'aujourd'hui est c*. Je ne nie pas que la responsabilité nous revient à nos autres adultes, qui avons bâti une société d'hyperconsommation, annihilant tout esprit critique et avons réussi à maintenir la paix en Europe, privant ainsi la jeunesse de la fabuleuse expérience d'un conflit armé, avec ce que cela engendre de discipline, de courage, d'abnégation et de sens de la camaraderie.
Moi qui ai fait la guerre de Corée et qui ai sauté sur Kolwezi (je la salue d'ailleurs si elle lit ces lignes), je peux vous dire que d'avoir vu crever ses camarades sous les balles des ennemis, ça donne un autre à la vie que de tripoter les manettes de sa Nitendo en bouffant des chips. Et d'avoir croupi pendant des semaines dans des jungles hostiles avec pour toute nourriture une boîte de biscuits pour 15 hommes, ça engendre une approche très différente de la blague de Toto mange ta soupe.
Bon Dieu, comme elles sont drôles les blagues qu'on se raconte entre copains de régiment au sortir d'une séance de torture de prisonniers ennemis, pour décompresser un peu, en allant boire quelques bières avant de recommencer ce que nous appelions pudiquement "l'interview musclée".
Mais voilà, les jeunes d'aujourd'hui ne connaissent pas cela et c'est bien dommage. Mais toutes les générations n'ont-elles pas méprisé leurs jeunes en disant qu'ils étaient c*? Je le pense, et si ça n'avait pas été le cas, comment seraient-ils devenus de vieux c* s'ils n'avaient pas commencé jeunes?
Tout ça pour dire que "oui", on peut rire des jeunes, surtout s'ils sont c* et que, si par chance on l'est soi-même, rire des c* quand on c* équivaut à rire de soi, et ça, c'est vraiment bien.