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07-01-2016 16:24 - modifié 07-01-2016 16:28
Ce coup-ci, bon courage pour aller jusqu'au bout.
LA VIEILLE BELLE ET LE VIEUX BEAU.
On croyait que ce privilège du ridicule ne pouvait qu'être un truc de vieux c* inconséquents, fortunés et le dentier plus blanc que le slip du pape. C'était l'apanage des mecs de devenir de vieux beaux pathétiques, cocus professionnels et gros consommateurs de Viagra. Mais non! Dans le cadre de la quête infime de l'égalitarisme entre les se*xes, les femmes ont souscrit depuis peu à la farce de la peau tirée et de la f0unette refendue à neuf pour complaire à de jeunes hobereaux aux goûts de luxe affirmés.
Alors que la condamnation des hommes âgés jouant les prolongations de l'amour coquin est unanime et entraîne la moquerie bien méritée des voisins, des médias et de la populace, les cougars sont, bien au contraire, valorisées dans la mesure où elles représentent encore une fois une forme de vengeance sur le machisme historique. Autant on peut se réjouir que de vieilles peaux prennent leur pied avec de jeunes hommes bien balancés, autant peut-on s'interroger sur la pression sociale qui les contraint à ce jeu, à l'opposé des hommes qui n'ont besoin de personne pour être c*.
Le modèle masculin n'a jamais été valorisé, le vieux beau fait rire et sa poule passe pour une pu*te de luxe, la vieille belle fait l'admiration des féministes, mais est tout aussi moquée et ridiculisée que son homologue masculin. On voit alors de vieux débris à la peau tirée, bronzée, cuite, tendue et flasque pour montrer qu'à 70 ans on peut encore être tout à fait b@ndante. Les dents blanches et le Q musclé à force de pratiquer le vélo d'appartement, elles font de leur vie un enfer pour donner l'illusion d'être d'éternelles petites fripouilles. Ces admiratrices d'Édith Piaf s'explosent les tympans, enfin ce qui leur reste d'audition, à supporter David Guetta dans les soirées au bord d'une piscine. Pour chaque coupe de champagne absorbée, elles doivent courir dix bornes pour ne pas laisser la graisse gagner sur les vergetures et réciproquement. On les voit, sapées comme des princesses de comédie musicale, sous des chapeaux extravagants, étaler leurs vieilles bouches fatiguées d'avoir embrasser des s@lauds à la pelle, qui leur disaient "je t'aime" en leur piquant leur carte bleue. Elles n'y croient plus sur leurs hauts talons, maquillant leurs varices sous des bas de midinette et leurs seins en cascade sous des volants de tulle multicolores. Á l'heure où elle aimerait s'endormir, vieille et calme, elle est contrainte d'aller montrer au petit monde des bl@ireaux "comme elle est encore belle pour son âge! Mais, au fait, quel âge ça lui fait? En tout cas c'est génial, elle se tape un mannequin américain".
La cougar ne croit au vieillissement que seule dans sa salle de bain, quand le miroir lui renvoie l'image de sa triste chair. Alors elle se bat inutilement sous les quolibets des voisins, les sifflets des machos, les hourras des femmes libérées et cache comme elle peut cette put@in de claudication insupportable de sa jambe gauche qui la fait souffrir. L'arthrite sans doute.
Quant à son homologue masculin, le vieux beau, il est bien différent de l'image que l'on s'en faisait jusqu'alors. Ne dites surtout pas au nouveau vieux beau qu'il vous rappelle ces vieux cochons qui draguaient les minettes grâce à leur compte en banque et qui luttaient à coups de coiffeurs, de sport et de bronzage contre les années. Il vous menacerait de vous casser la gueule. Ne dites pas non plus aux jeunes et jolies filles qui tombent dans ses filets que ce sont des gigolettes prêtes à tout pour ne jamais bosser et vivre dans le luxe. Elles vous colleraient une trempe. Le nouveau vieux beau est de gauche, intellectuel, journaliste, prof d'université, il ne déteste rien tant que l'argent et son pouvoir, il ne s'habille pas comme un séducteur de carnaval, n'est pas bronzé artificiellement et ne cherche pas les petites greluches qui papillonnent dans les rédactions ou les facs, mais les filles à hauteur de son intelligence. Le pouvoir médiatique a remplacé le portefeuille, le jeu est le même et le résultat aussi, mais les consciences de gauche ne sont pas entachées.
Il a donc les cheveux longs et gris, il est indifférent aux crèmes de jour comme de nuit, plus préoccupé, à priori, par la guerre israélo-palestienne que par son apparence physique et ne ressemble pas au macho dandy qui promène sa thune, sa cravate à fleurs et son costard à rayures. Pantalon de velours, et les journaux du jour ou hebdomadaires dans le coup sous le bras. Le nouveau vieux beau connaît Franz-Olivier Giesbert, Frédéric Taddeï et Luc Ferry. Il déteste le pouvoir mais bouffe avec les ministres "Chez Françoise" et va régulièrement à la garden-party de l'Élysée. Il a écrit des livres, mais ne sait jamais combien ça lui rapporte et puis, de toutes façons, il bosse pour payer les pensions alimentaires de ses précédents divorces. Le nouveau vieux beau fait un malheur chez les femmes et il le sait. Elles oublient leur jeune âge pour draguer ce vieux sur le retour, ne cherchent pas la fortune facile comme leurs grandes anciennes, mais plutôt le piston pour réussir leur carrière de journaliste, de présentatrice télé, de comédienne ou d'écrivaine. Elles apprécient le prestige du mec, sa reconnaissance, et, par-dessus tout, son carnet d'adresses. Le type peut alors faire ses courses dans les bureaux des télés, des radios et des rédactions dans lesquels il est invité en promenant sa longue chevelure de soixante-huitard intelligent.
Il n'a pas de grosse voiture de frimeur, ni de montre ridicule qui feraient rire les jeunes femmes intellectuellement branchouilles. Il fait simplement comprendre à ses victimes qu'il a le bras long et qu'il saura, le moment venu, intercéder en leur faveur. Sous ses dehors bonhommes et sympathiques, il remplace la place sociale des vieux séducteurs d'antan qui branchaient de jeunes minettes un peu paumées et esseulées.