C'est l'heure de notre  minute culturelle...  

               

      D'où vient cette expression "porter des oranges aux prisonniers" ?

 

 

Pourquoi des oranges sont-elles le cadeau type dans ce genre de circonstances, plutôt que le fromage de gsouchet, les bêtises de Cambrai ou les cacahuètes préconisées par diablo, me direz-vous ?

 

Et bien, je suis contente que vous m'ayez posé la question...

 

 

 

Cela remonte à 1892 où quatre jeunes demoiselles, dont Marie-Florentine Roger, dite Sarah Brown, furent accusées de s'être montrées presque nues dans les rues, pendant le défilé du bal des Quat'zarts (élèves de l'école des Beaux-Arts à Paris, à ne pas confondre avec les 'Gadzarts', ingénieurs issus des Arts et Métiers).

 

L'affaire fit grand bruit à l'époque et, en attendant que le verdict tombe, le poète Raoul Ponchon composa ces deux vers :

 

"O ! Sarah Brown ! Si l'on t'emprisonne, pauvre ange,

Le dimanche, j'irai t'apporter des oranges."

 

C'est donc simplement parce que "orange" rime avec "ange" et que c'est un cadeau plus sympathique que des losanges, des phalanges, des mésanges ou des langes, qu'on amène maintenant ces fruits aux prisonniers et aux malades.